Synopsis

Un film de Jean-Claude JANER
Produit par Arturo Mio / Maïa Cinéma

Emma a 16 ans. Elle vit à Paris avec sa mère et son beau-père, va au lycée, et garde des enfants pour se faire de l’argent de poche. Elle se trouve moche et grosse. La vie ordinaire d’une jeune fille d’aujourd’hui.

Mais Emma a de l’imagination, une imagination folle, voire inquiétante. Elle se crée tout un monde. Un satellite en orbite qui veille sur ses devoirs. Une mère forcément détestée et tout autant magnifiée, femme sublimement belle et irascible, échappée d’une couverture de Harper’s Bazaar, responsable d’un fitness-club, « l’Amazone Room », où elle pousse violemment ses disciples femmes jusqu’à la haine absolue des hommes.

Et puis, il y a Sister Welsh, héroïne brûlante d’absolu, tout droit sortie d’un roman du 19ème siècle. Elle vit à Plymouth. Follement romantique et amoureuse du Captain Grant qui navigue sur les mers lointaines, elle tente de fuir l’emprise d’un couvent où règne Mother O’Brady.

Toutes ces figures s’entremêlent dans la tête d’Emma au point que très vite, réalité et fantasmes ne forment plus qu’un univers flou et destructuré. En quête de repères et d’un modèle féminin idéal, Emma fabrique deux mondes imaginaires qui vont se heurter à son quotidien d’adolescente. Mais quel modèle suivre ?
Celui de Sister Welsh, passionnel, aventureux et nourri d’idéal ou celui de sa mère, refoulé, maniaque et perverti ?

Emma, dans un réflexe de mimétisme, va tendre vers le monde de sa mère, en se mettant à sa merci – et accessoirement au régime -, pour trahir progressivement Sister Welsh en la laissant croupir dans un cachot de Plymouth.

Mais Emma va payer au prix fort sa décision de rétention affective. Celui de l’humiliation, du désir frustré lors des confrontations à la réalité, jusque dans son amitié avec Marion, la trop belle copine. Emma se piège elle-même. Car si Catherine et Sister Welsh se mêlent dans la même imagination fébrile, les deux femmes se détestent et tiennent à rester LA femme idéale, LE modèle à reproduire pour Emma.

Heureusement, un personnage – réel celui-là – va intervenir. C’est Fabrice, un bel adolescent qui comprend la douleur d’Emma, celle d’un père trop tôt disparu. Un garçon qui s’intéresse à elle ?… Emma ne l’aurait jamais imaginé. Ou plutôt si. Dans un premier temps, elle ne fait même que ça. Imaginer… jusqu’à se voir partir à Tanger sur le scooter de Fabrice. Le voilà lui aussi pris au piège des fantasmes d’Emma.

Pourtant, lentement, le réel devient plus intéressant avec Fabrice que les délires sans lui. Mais il va falloir du temps à Emma pour débrouiller les fils de la toile d’araignée dans laquelle elle s’est enfermée. Il reste quelques obstacles à surmonter pour arrêter de confondre monde imaginaire et monde réel. Les quiproquos et malentendus balisent encore son chemin.

Pourtant la vraie vie est là, elle le sent…

Cette rencontre lui permet de revenir sur terre, parmi les vivants. D’éprouver des sentiments et de vivre enfin sa propre vie. Alors elle libère Sister Welsh de prison, l’envoie ramer vers son amant magnifique sur l’île du bonheur.

Quant à sa mère, Emma va la « tuer », la « suicider » symboliquement. Cette mort magique, irrationnelle, modifiera la personnalité de Catherine qui deviendra plus aimante, comme si Catherine avait attendu que sa propre fille la dévoile, la mette à nu et la rejette pour qu’elle puisse enfin s’échapper de sa prison, de son cachot intérieur.

Pour Emma, ses ambitions sont maintenant plus claires; vivre enfin son premier amour d’adolescente avec Fabrice, garder une petite place pour ses rêves, et accepter le réel…

C’est déjà beaucoup…

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